Pour l’instant, l’expérience du confinement se partage entre deux catégories.

Il y a ceux pour qui le confinement est devenu une mise au vert. Ceux-là ont la chance de regarder le printemps pousser, le ralentissement de leur quotidien soulignant par contraste l’incroyable accélération de la poussée printanière*.

Et puis il y a ceux qui, restés en ville, guettent les signaux les plus lointains de la Nature - un lever de soleil, la visite d'un merle au balcon - mais qui verraient bien les cloisons de leurs appartements se transformer en murs de verdure, un peu comme dans le rêve de Max et les Maximonstres

Eh bien justement. Une fenêtre s’ouvre, et on a trouvé de quoi prendre la clé des champs. Avec le Printemps, les agriculteurs français ont besoin de bras : 200 000 personnes, plus précisément, pour remplacer les saisonniers internationaux qui, cette saison, ne pourront pas passer la frontière.

Les missions proposées ? C’est un véritable "inventaire de pré vert”. Parmi nos préférées, il y avait notamment :

-Trieur de carottes à Foreste (02)
-Planteur d’arbres à La Chapelle-du-Bard (38)
-S’occuper des canards à Beaupréau-en-Mauges (49)
-Ramasseur de radis à Balgau (68)
-Cueilleur de fraises à Epinouze (26)
-Maraîcher complet à Menton (06)

Tout ce dont vous avez besoin ? C’est de vos bras, d’une bonne dose d’énergie et d’un bon chapeau (oui le soleil risque de cogner dans les champs de blé). Pour filer un coup de main et vous mettre au vert, il suffit de vous inscrire sur le site Des Bras Pour Ton Assiette, lancé par Pôle Emploi et la Fédération de l’Agriculture.

Tout comme le lierre peut parfois soulever les pierres, l’appel de la Nature va peut-être triompher de nos confinements. Alors tous aux champs !


*Cette poussée printanière, on ne la décrira pas mieux que Léna, une lectrice dont les mots nous ont enchanté : 
Ce qui change depuis une semaine, ce n’est pas la nature qui est autour de nous, c’est notre rythme, qui s’est apaisé et permet de se mettre au diapason avec elle. Moins pressés, moins pris par nos pensées, on écoute beaucoup plus les oiseaux, on se met à entendre le doux ronronnement du ballet des abeilles dans les feuilles du saule, on fait le tour chaque matin du liquidambar, du saule rasta, des cornouillers, du camélia et on regarde les bourgeons pousser. Ils vont à une vitesse folle. On sent presque le rythme de la sève, comme un rythme cardiaque qui pousse, puissamment, les bourgeons à ouvrir et les feuilles à sortir. On regarde le muguet sortir de terre, avec une telle force, la force de la nature.
 

Photo © Le Républicain Lorrain